mercredi 5 novembre 2008

en -d- vie


Merci à tous ceux qui sont venus, merci aux autres que j'ai invités, merci à Micheal pour avoir réservé le coin VIP pour 3 personnes, merci à Adam et Val pour mon dernier solo - fut-il le meilleur?- merci pour cette expérience forte.
Aujourd'hui'hui je mesure mieux ma chance.

dimanche 22 juin 2008

Supercub

J’ai les mains qui glissent sur les touches. Je regarde Gilles qui regarde Valérie qui regarde Adam qui me regarde: c’est à nous.

Les 15 prochaines minutes sont à nous. Une foule de 400 personnes se condense au bout du tapis rouge de la scène. La langue titille l’anche pour l’humidifier avant le premier son. Ca y est elle vibre, c’est parti, faut plus se planter…

8am, je rentre chez moi chauffé par le levé du soleil, 12 heures avant le bruit de la bouteille de Cognac en backstage annonçait une longue nuit.


La plaisir de trinquer avec Thom Thom, groupe rock Franco-cambodgien, l’honneur d’essuyer un refus poli de AC&M, un vrai boys band viet supracélèbre avec groupies en arrière scène, le bonheur d’écouter Chouchen musique bretonne aux sonorités vietnamiennes, et la postérité dans le Vietnam News, journal local.

Première vraie scène, première fois que je joue à la fête de la musique, premières groupies pré pubères boutonneuses, dernière cuite au Cognac.


vendredi 20 juin 2008

Quand on aura 20 ans en l’an 2020.

J’étais bien derrière papa accrochée à sa taille. La supercub vrombissait sur Nguyen Huu Canh street, parfois elle était noyée à cause des inondations, mais c’était marrant quand il gueulait comme un buffle. Je me souviens des gros camions qui klaxonnaient fort sous la pluie de fin de journée. Tous les jours je rentrais de l’école en Ao Dai avec lui, souvent protégée sous sa cap de pluie. Il me ramenait à la maison et j’observais ma ville agitée. 30 minutes au milieu des motos, des fumets de grillades, des triporteurs et des cyclos. On rentrait vers notre petite maison verte et rose. On vivait tous ensemble avec maman, mamie et mes frères et sœurs.

Mamie était tellement ridée qu’avec ses yeux bridés on ne voyait plus son iris. On aurait dit qu’elle souriait tout le temps, mais en fait elle chiquait du bétel ce qui la faisait grimacer.

Maman partait travailler à 17h quand je rentrais : elle était « collecteuse ». Aujourd’hui son métier a disparu ; les éboueurs sont arrivés. Des fois elle ramenait des petites merveilles usagées qui trônaient à côtés de mon oreiller. Mon lit en bois était aussi celui de maman et de ma jeune sœur même si on n’avait pas besoin de se tenir chaud la nuit.

Aujourd’hui j’habite en banlieue à 30 minutes de métro du centre dans un appartement à loyer modéré. J’ai mon propre lit pas toujours propre, mon ordinateur, mon frigo, mon four à micro-onde, bref l’indispensable pour survivre avec des soupes pho déshydratées. Dans le coin de la pièce, la photo d’identité de mamie sur fond bleu ciel brille dans le mini autel des ancêtres acheté chez Big C. Papa n’est plus livreur chez Guido mais il continue de dormir sur sa moto.

Il m’arrive de penser en anglais toute la journée tellement le Vietnamien disparaît. Même dans la tête d’une petite secrétaire comme moi.

Demain est un jour très important pour mois, je vais à Nha Trang pour le concours de Miss Vietnam. Je représente Ho Chi Minh Ville, alors j’emporte mon plus belle Ao Dai ; le blanc avec des roses brodées. Ca fait un peu écolière mais le jury craque à chaque fois avec ma peau bronzée.

Dans le taxi qui m’emmène à l’aéroport je rêvasse du temps passé : la fin du parti unique en 2010, les JO d’Ho Chi Minh de 2016, la dévaluation du dong, mon premier copain français... Mais je viens de passer devant la palissade verte sur Nguyen Huu Canh et… le Manor 2 n’est toujours pas construit.

jeudi 5 juin 2008

Mon testament

Bon j'ai bientôt 27ans, il faut que je pense à mes obsèques.
Alors je lègue tous mes instruments à la fanfare Centrale de Lille (sauf le piano qui est pour Liline), à une seule et unique condition: qu'on m'enterre à la vietnamienne.

Avant-hier, il y avait un drapeau satiné accroché sur la palissade du chantier. Un drapeau multicolore: bien jaune, bien mauve et bien bleu ciel. A la tombée de la nuit, j'aperçus un second drapeau plus au fond de l'allée. Et puis j'entendis une musique qui m'appela. Cette musique je la connais très bien, jusqu'à chaque note.
Pour la première fois je l'entends ici. En un instant je ne suis plus au Vietnam mais avec Pont, Manu, So6, Tof, Romjé, A2, Don Pat, Kamarade, Zaza, Mimile, Mastersax, RV, Tintin, Frankan... et tous ceux que je ne connais même pas. Je me surprends à courir pour (re)trouver notre ambiance si festive sur l'air de Fiesta. J'en chiale presque tellement ça fait du bien.
La famille me regarde interloquée: un étranger veut assister... aux obsèques de la mamie.
Les membres proches sont enveloppés d'une tuile blanche et sur le front un bandeau blanc marqué d'un point rouge indique une coutume inconnue. Les codes culturels différent. Ils sont même complètement opposés. A un tel point que cela est choquant. Imaginez les bandhoulles animer uniquement des enterrements? Et pourtant au Vietnam, en 1 an je n'ai vu des fanfares que lors des rites funéraires. Elles jouent les mêmes airs de fête que nous, souvent mieux d'ailleurs. Les percussions sont très rythmées, pas du tout mortuaires. A présent je reconnais le titre de cette chanson: Oyé como va? Comprennent-ils les paroles? C'est émouvant par la violence de cette musique. Les cuivres forcent l'écoute, poussent l'émotion. Le show se continue par des portés d'objet appartenant au défunt à bout de menton! Table, chaises, empilement de chaises, chaise avec bambin dessus, le spectacle m'amuse, mais semble banal aux yeux avertis. Pourtant au milieu de ces musiques dansantes l'ambiance n'est pas à la fête. Les yeux sont marqués du deuil, les mines sont fatiguées de veiller le mort. Il faut rester tout près d'elle, car ici l'âme quitte le corps au bout de 25 jours.

Si par mégarde je vous quitte un peu trop tôt,
un petit Fiesta suivit de Oyé como va pour me saluer sera ma dernière volonté. (Bon pas besoin de rester à côté 21 jours, prenez 1 RTT ça suffira.)


video

Eau, Air, Terre

Nager, Rouler, Courir.
500, 40 000, 8 000.

Quelques mètres et beaucoup de calories plus loin je finis 20ème en 2h 51min.

Un triathlon, ça se prépare. Surtout quand il fait 32°C à 8h du mat. Alors comment faire pour bien se mettre en condition physique optimale à Ho Chi Minh City où on ne peut pas courir (pas de parc, pas de trottoirs, trop pollué) , pas rouler (trop dangereux), pas nager (les piscines sont trop petites et bondées)?

1/ Courir: le soir à la fraicheur de l'air conditionné, les oreilles envahis du beat provenant des haut parleurs tonitruants de la salle de sport qui pue la transpiration.

2/ Nager: essayer plusieurs piscines à plusieurs heures: éviter les petites piscines remplies de gamins et de pédophile dégueulasse qui s'amuse à capturer les mômes en faisant le monstre. Enfin il avait pas besoin de faire le monstre vu qu'il pesait un bon 120kg du haut de ses soixante ans. Le gros porc donnait des billets verts aux gamins dans le petit bassin en déposant d'affectueux bisous en signe de récompenses. L'incompréhension de la non-réaction des 4 maîtres nageur me poussa à les questionner: "c'est un habitué, il vient souvent jouer ici". "Et vous ne faîtes rien?" Pas de réponse. Donc pour nager au milieu de tout ça c'est pas idéal.

3/ Rouler: utiliser des Cyclo-pousse et mettre les chauffeurs sur les sièges. Et maintenant poussez! Voilà c'est casse-gueule, c'est ultra dangereux mais vous serez prèt pour le triathlon, puisqu'ils vous auront bien roulés en faisant quand même payer la course .

lundi 26 mai 2008

POGO

Mon voisin me dit : « Lève les bras ! C’est comme ça qu’on danse sur du hardrock ! » Lui et sa copine en escarpin assistent pour la première fois à un concert en pleine air au milieu de 3000 personnes. La foule est complètement statique sauf quelques bras qui remuent. Mais quand le chanteur, après 10 minutes passées noyer dans ses cheveux, s’approche enfin du micro et HUUURRRRLLLE ses tripes, les pré-pubères vietnamiens en quête de rebellions ne peuvent contenir leurs pulsions. Alors tous les bras se lèvent. La frénésie des poings tendus libère un instant du joug parental. Alors on gueule tout ce qu’on a dans la gorge ! …mais avec les jambes bien raides, tout est bien statique, aucune bousculade, les gens sont bien rangés avec un entraxe de 70cm par personne. Surtout pas de cohue. C’est donc une dance hardrock anti-anarchique que mon acolyte tente de m’apprendre.

Et puis je suis là, moi, hilare. Je pense qu’il est de mon devoir d’apprendre le pogo à mes camarades de danse à bras. Tout d’abord je sautille sur place en levant alternativement les mains ; « fais comme moi ! » il sautille dubitatif. Ensuite je saute suivant la pulsation, et puis je tente le contact avec les coudes en avant. « Le démon satanique du hard a investi son corps ! » pensent-ils. Il me faut une bonne heure pour provoquer un premier pogo avec une dizaine de boutonneux. Les autres ne comprennent pas. Et puis quelque chose craque. Les jambes commencent à bouger. Les racines sous les pieds de mes voisins se fissurent. La violence du rock détruit les conventions, éclate la promiscuité réglée en un chaos de contacts. On se fait pas mal, pour la première fois on se rentre dedans sans raison, avec un sourire qui excuse la sueur et la boue projetée. Une déraison passagère libératrice, un vice momentané, des douleurs expiatrices (c’est pas trop bouddhiste ça, je crois).

Et puis un journaliste immortalisa la scène, un grand merci à ses personnes qui risquent leur vie pour témoigner du présent !

Circulaire A235 Décret du 20/05/2002


Si votre secrétaire est vietnamienne et qu’elle utilise excel, si vous ne pouvez lire le vietnamien et que la circlaire A235 est primordiale, si elle parle un anglais approximatif et si elle avoue qu’elle n’est pas une lumière en math alors, soudainement vous pouvez être amené à avoir un mal de tête lancinant.

Je regarde posément les 2 pages de calculs aboutissant à son commentaire puis la fixe de mes yeux globuleux d’incompréhension. She says : « the net is 360 000 $ but the gross is special vietnam, what is the net with the gross ? » . Je commence donc à décortiquer le calcul ; donc elle a posé X = net + VAT et Y = Gross + CIT. Elle appelle Gross1 le Y+VAT et elle cherche à exprimer le net par le gross suivant cette putain de circulaire. Donc en partant du postulat qu’elle sait lire correctement le vietnamien et qu’elle interprète à sa manière le texte mais d’une manière acceptable, en posant l’hypothèse que je comprenne le but de sa requête et qu’elle parvienne à traduire assez fidèlement son problème, en analysant les 30 minutes déjà écoulées à écouter et décortiquer la signification des lettres rayées à côté des chiffres réécrits 5 fois, je peux et je suis ravi d’annoncer que, au Vietnam, le net est exprimable en fonction du gross par la formule hautement élaboré suivante : N = 0,9 x G, cqfd.

Ah ya pas à dire ça sert un ingé français.

jeudi 1 mai 2008

Etre blonde

Les « hot toc » (= enleveurs de cheveux) sont nombreux et diversifiés à Ho Chi Minh.

Pour 15 000 VND la coupe avec lavage gratuit des oreilles à la mini balayette. Bien évidemment à ce prix pour avoir pignon sur rue, il faut travailler … dans la rue et retirer « le pignon » quand les flics arrivent.

L’alternative à 60 000 VND c’est mon voisin : haut capilliculteur spécialisé en coloration de cheveux noirs, et par la même en décoloration. Il teste lui-même ses produits par un magnifique banc d’essai multicolore sur son cuir chevelu. Autour de lui ses 6 assistantes escortent les clients en arrière salle pour le lavage-massage des touffes déjà coupées ; oui car ici on lave après la coupe. Mais que c’est rasoir d’être allongé, le crâne pétri pendant une heure par une ignare qui se sent obligée à chaque fois de m’énoncer les 4 phrases d’anglais qu’elle débite à tout les blancs : « where do you come from ? how old are you ? have you got a girlfriend ? me no. » Alors durant ce temps je rêvasse. Je m’imagine lui demander une coloration noire, me faire brider les yeux au Centre Médicale Internationale par François-xavier, apprendre le vietnamien en 1 minutes pour pouvoir enfin lui dire : « arrête de frotter au même endroit tu m’irrites ». Mais non cette masturbation crânienne n’a pas fait jaillir un seul mot de vietnamien qui eut pu me permettre d’interrompre poliment ses gratouillis. Je me suis levé et suis retourné en salle pour le séchage. Mais là…

La coupe n’était pas finie. Enfin, presque. Devant la réussite de son beau dégradé de ma nuque, le coiffeur veut immortaliser l’instant. 4 téléphones portables sont dégainés : devant , derrière, les côtés. Pendant cette interminable séance photo mon cuir chevelu à commencer à se transformer ! Il me semblait devenir blond. Moi, là, à poser en souriant bêtement, incapable de prononcer une parole réceptible. Mon QI chuta parallèlement à la décoloration spontanée, tandis que mon coiffeur continuait à couper pour être photographié en pleine action. Et les photos continuaient, et le coiffeur coupait, et mes cheveux blonds raccourcissaient jusqu’à… ce qui continue un peu trop. Et voilà, un trou au bout de la raie de mon crâne.

Je vous assure qu’être blonde au Vietnam, il faut le vouloir.

lundi 21 avril 2008

Recherche moto volée: épilogue

J'ai donc contacté le "Sao den" (côté sombre) par des tracts distribués dans la rue. A ma grande surprise tous les viets semblaient très intéressés et complètement impuissants.
Le lendemain, coup de téléphone inconnu. Une vietnamienne bafouille en viet puis raccroche. Je n'y prête pas attention jusqu'à ce qu'elle me rappelle. Soudain je passe l'appel à ma secrétaire, la conversation dure 5 bonnes minutes, je capte quelques "motobike", il est donc sujet de ma moto! Elle raccroche. Je la questionne illico:
C'était pour ma moto?
Oui !
Ils ont des informations?
Non.
Ils peuvent m'aider ?
Non.
Mais que voulait-elle?
Savoir si c'était vrai.
Pour pouvoir contacter quelqu'un et m'aider?
Non, pour te dire de faire attention la prochaine fois...
Ah ben..??...?? Merci bien.

Donc me revoilà bipède parmi les 10 millions de roues saigonaises. Ainsi je dois louer les services de moto-taxi (dit xe-om, cf l'article consacré). Cela tombe bien car le gars qui glande tout le temps devant ma porte à vendre du café à 5 pèlerins par jour, à la double casquette de xe om! Incroyable, maintenant il me parle, il me sourit! En 10 mois pas une seule parole! Et maintenant qu'il profite de mon argent il est un coeur en sucre. Oh et puis il a l'air si content d'avoir sa nouvelle moto, une semaine après qu'on m'ait voilé la mienne. Tient? c'est le même modèle. Tient? C'est la seule personne qui est sensée surveillée la ruelle et qui n'était pas là au moment des faits. Tient? C'est la seule personne qui aurait du s'intéresser à mon cas, et c'est la seule personne qui a semblé s'en foutre complètement en remuant la main...
Franchement ... ça m'écœure.

dimanche 30 mars 2008

Avis de recherche

« Perdue, moto YAMAHA rouge modèle Jupiter, n°51LD5999 devant le 80A Tran Quang Khai. Si vous pouvez m’aider à retrouver cette moto, en échange d’une compensation financière, s’il vous plait contactez moi. Envoyez juste un message au 09.02.17.45.81 »

A jouer à garer ma moto devant chez moi, j’ai commis une faute grave : la laisser sans surveillance.

Chaque moto vietnamienne doit être surveillée, ce qui implique un système de ticket à l’entrée de chaque parking permettant de contrôler la restitution du véhicule. Ce système de Giu Xe (=garage) avec des tarifs vers les 3 000 dongs (~12 centimes €) rémunère énormément de petits emplois. Décomposons le système qualité garage Vietnam, ou le taylorisme communiste :
Une première personne note 2 fois la plaque d’immatriculation sur le petit coupon que je perds tout le temps. Une seconde personne découpe le coupon puis en agrafe la moitié sur la bécane, et donne l’autre au conducteur. Enfin une troisième prend l’argent (quand il n’y a pas une quatrième qui te rend la monnaie). S’ajoute à cela le gestionnaire des casques, les gestionnaires de vérification de billet à la sortie…

Bref.

Je me retrouve piéton et cycliste dans Ho Chi Minh. Je décide d’aller porter plainte à la police. Ici pas de file d’attente - il vaut mieux ne pas avoir à faire à eux-. L’endroit ressemble plus à un entrepôt qu’à un commissariat. 2 hommes vêtus de verts regardent la télé, un troisième pionce caché derrière un bureau. On dérange le visionnage de leur série… Après un interrogatoire, une reconstitution des faits, l’écriture en français puis la traduction en Vietnamien de mon texte, et enfin la recopie en style formel par le fonctionnaire ; je pose la question naïve qui fit bien rire mon interlocuteur : est-ce que j’ai des chances de la retrouver ?

Après consultation de mon entourage, il y a une chance de revoir ma moto. Disons 30% de chance. Mais… il faut payer. Ainsi j’ai rédigé l’annonce susdite, telle une disparition de chat, que je vais aller distribuer ce soir autour de chez moi, en espérant entendre des miaulements mafieux prochainement.

mardi 25 mars 2008

Couleur Ca Phê Sua Da

J’aime le lait dans le café
Un p’tit peu sucré
Du lait concentré
Avec beaucoup de glace
Alors faut bien le touiller
Ce petit café
Si puissant café
Troi oi qu’est c’que ça fait classe

Ca Phê glacé
Que j’aime le lait dans le ca phé.

Pour mieux le déguster
Boire à p’tites gorgées
Pour pas dégueuler
A moins que tu perd’ la face
Savourer, se régaler
A mêm’ la chaussée
Au karaoké
Ou avant que l’on me masse

Ca Phê glacé
Que j’aime le lait dans le ca phé.

C’est quand même fou l’effet
De se faire mâter
Avec une peau bronzée
Telle café lait et glace
Plus facile pour draguer
Les jeunes prostituées
Ou les p’tites mémés
Tant qu’c’est pas trop dégueulasse

Ca Phê glacé
Que j’aime le lait dans le ca phé.

Crampes dans la boue

Je remercie mes équipementiers: Nike, Adidas, Decathlon, Uranium.

Mon coéquipier, 21 ans, militaire suédois, court le 10 km en 43 min.

6h00 du mat, une centaine de participants se pressent dans la fraicheur matinale. 3 à 6 heures de compétition amicales nous attendent. Les muscles à peine chaud, je regarde mes pieds, mes lacets, je contrôle mon bidon, j'ajuste les lunettes. Le cœur accélère déjà sans même un effort, juste l'adrénaline, juste l'appréhension de vivre fort et vite. L'enjeu de se faire plaisir; courir avec des amis inconnus.
Le raid 2008 de Madagui, perdu dans la nature vallonnée, est la première édition d'une aventure passionnée. La rencontre de la richesse vietnamienne dans un cadre exceptionnel à travers 2 courses: l'extrème (5h de VTT, course, natation avec gilet de sauvetage) et l'adventure (dont je me suis contenté).
Traversée du pont suspendu au départ , enfourchée des vélos, quelques développés et foulées plus loin une rivière coupe la route, une bouée aide la nage avec le vélo, de la boue en quantité, un dérailleur qui saute à la moindre impulsion, des cris grossiers n'arrivent pas à le réparer, course à pied puis brasse sur le dos dans une rivière complètement sauvage, le début des crampes, les 500 derniers mètres annoncés sont trop durs, mes muscles claquent à chaque pas jusqu'à ce que mes jambes se dérobent, je tombe au sol, mon coéquipier m'aide à m'étirer, il me porte, il reste 200m, il s'épuise, je retente de courir, les crampes reviennent, le temps s'allonge, le podium nous quitte.
Arrivé 4ème, la place du c..

dimanche 23 mars 2008

crashbonzaï

Le 15 décembre 2007: Révolution à Saigon!

Les cheveux ne voleront plus librement sous la brise grisante des mobylettes. Fini les noires ondulations fluides des crinières aux montures motorisées. Fini le sèche-cheveux des matins précipités. Fini l'inconscience des soirées arrosées non casquées. L'Etat paternaliste a enfin pris une sage décision : port du casque obligatoire.
Et en une nuit le paysage urbain a changé à jamais.

S'en suivit le port du chapeau+casque, de la casquette+casque, casque de chantier, casque+chapeau chinois, casque de chantier+chapeau pointu... puis vinrent les casques de moto en forme de casquette, les casques de moto en forme de chapeau muguet. Puis vint le moment des chiffres.
Le nombre de décès par traumatisme crânien suite
à un accident de la route a augmenté depuis l'application de la loi. Par conséquent il est donc plus dangereux au Viet Nam de rouler avec un casque. [Forcément quand on fume et qu'on téléphone en même temps, le casque devient gênant].

L'art du bonzaï existe bien ici. Un quartier de Hanoï s'y consacre avec la pisciculture des poissons rouges.

Gilles m'a confié que depuis son arrivée, sa rue qui comptait seulement 4 voitures au début, il dénombre actuellement 17! (en 6 mois!) BOOM économique! (mais qui consomme de plus en plus d'essence).

Espérons que les automobiles rendent la circulation moins mortelle, mais ne vous inquiétez pas les crash test sont fait dans les règles de l'art.


lundi 3 mars 2008

Le sourire de la lune

Traduction du sourire vietnamien en smileys :

:) = : /

:) = 8 - !

:) = :^ )


: D = :)


On dit qu’un visage rond comme la lune est un canon de beauté,
On dit que la lune nous sourit tout le temps,
On dit qu’il suffit de décrocher un sourire pour avoir la lune,

Ahh non ça on ne le dit pas,

Mais c’est vrai! Chuuut !! sur sa face cachée la lune a des oreilles.

~~~~~~~~~~~~

Le rire est le signe de la compréhension. Pas le sourire.

Qu'il est agréable d'échanger des regards agrémentés d'un sourire franc avec des inconnus. La position d'étranger facilite ce type de contact. Mais ce sourire culturel ne signifie pas toujours la même chose qu'un sourire occidental. Souvent un large sourire affiche en fait une incompréhension totale, sans même pouvoir la déceler. Ajoutez à cela que les vietnamiens disent "oui" tout le temps (problème linguistique et culturel), les quiproquos sont nombreux.

"Le rire n'est jamais gratuit: l'homme donne à pleurer mais prête à rire." Desproges.

Bon à savoir :


Au Viet Nam les nains ne sont pas moins petits.

Donc proportionnellement ils sont plus grands.


Les grands nains sont donc au Vietnam. Ce qui est quand même extrêmement rare.

Bon j'arrête mon humour nul, c'est petit de ma part, place au reality-comte de fée. (il faut cliquer là)


Mon papa il est Xe Om

« Mon papa c’est le plus fort! Mon papa c’est le plus rapide, il double tout le monde avec sa super cube qui pue et qui fait plein de bruit. Mon papa c’est le plus riche! Quand il fait une course il ramène de l’argent (pas maman). »

"Bon petit, aujourd’hui je vais t’apprendre le métier.
A ta moto, tu seras plus fidèle qu’à ta femme.
Ta moto, tu la bichonneras comme un bébé Vietnamien que t’aurais adopté.
Sur ta moto tu dormiras, tu mangeras et tu travailleras (un peu).
Et surtout, sur ta moto tu attendras au coin de la rue."


jeudi 28 février 2008

Être catholique au Vietnam, j’ai essayé pour vous

Au Viet Nam la famille c'est sacré!

Il faut déjà se sentir minoritaire, 10% de la population. A Ho Chi Minh 30% de 8 millions ça fait quand même 2 400 000 pratiquants; car ici lorsque l' on est croyant, on est pratiquant. A croire qu’ils sont friands d’hosties vu le nombre de têtes qui se pressent à l’entrée de l’église aujourd’hui. Mes cheveux châtains dénotent parmi ce tapis de crinières noires, je pénètre dévisagé par la foule dans le lieu sacré déjà bondé 15 minutes avant l’office. Les gens ne sont pas endimanchés, mais ils ont quand même vêtu leurs belles paires de claquettes.
J’observe l’architecture rose, les vitraux sont troqués pour des fers forgés mais la ventilation est insuffisante. On commence à transpirer ce qui étend l’attente. Le soleil couchant diffuse du mystique. Les lustres sont surmontés de ventilos dont la mise en rotation annonce le début de la messe. Les grelots résonnent, la séance commence…

Là, coup classique pour le début, un monsieur en toge rouge se pointe et dit un truc au public pendant 2 minutes. Ca devait pas être pas une blague, car les gens n’ont pas ri, ou alors il fait toujours la même et ils la connaissent par coeur. Ensuite l’assemblée répond d’une seule voie un truc du genre « oui bonjour aussi ». Puis ils se mettent à chanter sans même lire les paroles sur une télé, sans même un accompagnement MIDI (c’est la première fois que je vois ça au Viet Nam !). Le christ illuminé de néons semble danser, les bras levés pour faire coucou à la foule de camarades venus prier. Alors on prie : debout, assis, debout, assis, à genoux, debout, à genoux. Un bon rythme pour éviter les fourmis dans les pieds.
Sainte-Marthe est rafraîchit par le tourniquet du ventilateur, elle peut continuer à écraser le dragon à cornes vertes et roses. Quand soudain le noir complet ! Les ventilos finissent leurs courses. Plus aucun bruit dans l’église : intervention divine par coupure de courant. Personne ne s’affole. En effet c’est habituel, Dieu intervient régulièrement. Alors on continue bien gentiment à prier avec les klaxons en arrière fond. Toute une ambiance visant le spirituel, développant le mystique… Dieu existe, c’est sûr ! J’entends ses appels à présent. Je les pensais moins automobiles.
Je me retrouve plonger dans une obscure moiteur à partager les prières des Vietnamiens. J’imagine leurs espoirs, leurs aspirations, leurs craintes. Je pense au petit garçon à mon côté, à ce qu’il peut bien penser. Dans sa tête tout se dit en vietnamien. J’entends toutes les pensées comme une cacophonie religieuse. Je me dis que s’ils croient en Dieu c’est bien que ça doit les aider à quelque chose.
Puis la lumière électrique fut.

lundi 25 février 2008

La petite vendeuse de Durian

La chaleur mouillée exalte et transporte les odeurs comme si le vide humide était plein d’invisibles aérosols parfumés.

Ballons de lavande, bulle de thym, boule de romarin… senteurs prégnantes de notre gastronomie (ou de nos chaussettes) dont les volutes nous chatouillent les nez, pourraient bien paraître rebutantes aux petits pifs vietnamiens.

Pour comprendre il suffit de transposer la scène qui suit.

Elle, accroupie au milieu de ses denrées odorantes disposées à même le trottoir, à suffoquer de la brise chaude expulsée des moteurs alentours,

La petite vendeuse de durian attend protégée des infâmes effluves noires grâce à son bouclier anti-puanteur répandu sur son trottoir.
Son étale stratégiquement positionnée au feu rouge, la guirlande de motos stationne en flamand rose.
Ses yeux ne comptent plus, tandis que les motards scrutent le décompte du feu.

Je lâche mon frein et j’inspire une bonne bouffée de gaz carbonique avant de reprendre mon apnée.

Croisement de regard.
J’échange un sourire niais dont j’ai le secret, quand tout à coup…

Mes abondants poils de nez m’annoncent de la présence d’un corps étranger à proximité. Mes narines se plissent. Je voudrais les fermer mais je n’ai pas les muscles pour le faire ; de tout façon j’ai trop de poils pour que l’opération soit bien hermétique.
Ma mine déconfite par l’odeur infecte comparable aux fragrances diffusées par l’arrière-train de mon chien. (Pardon Caramelle mais c’est vrai, tu flatules).

Elle, sourire d’incompréhension : comment se peut-il que mes fruits ne le fassent fantasmer ? Comment mes arômes aiguisés ne séduisent-ils pas à ce bel éphèbe occidental ? Succombera-t-il un jour au virus de l’intense plaisir caché sous ces piques verts ?

Le durian : 3 à 5 kilos de parfum Jean-Paul Gauthier local, ovoïde verdâtre qui renferme l’équivalent vietnamien de la gelée royale, pâte jaune, molle comme du beurre, qui goûte bon le camembert. C’est le festin que le Vietnam s’arrache. Une famille est prête à l’endettement pour savourer la douceur visqueuse de la pulpe aux relents d’ail. Plus le fruit mûrit, plus la senteur putride et nauséabonde se répand.

Ma rue compte l’une des plus grandes étales de la ville, ainsi chaque matin sur le petit chemin du travail, je peux profiter pleinement du thiol, ce composant sulfuré qui pue plus que mes pieds.


Ballons de vomi, bulles de putois, boules d’égouts …
L’apprentissage du goût est incroyablement régional… et même familial.

vendredi 25 janvier 2008

Take 5

La main gracile des vietnamiennes est d’une ineffable beauté.
Extrémité d’un corps souvent menu, elle est ornée fréquemment d’une french manucure criarde. Toutefois l’envie de se faire effleurer par un index, ou même une paume si un élan d’impudeur le permet, dépasse la douceur praline d’un regard fripon.
Le poignet paré de jade paraît si fragile au milieu de ce large bracelet de pierre qu’elles s’esquintent à enfiler. Le pouce se contorsionne pour vêtir le bijou, élément circulaire qui vient se casser sur l’ossature svelte.
La délicatesse d’une paume légèrement pressée sur l’épaule chamboule les pulsions. Entendre le froissement de cette chair qui reprend son envole après s’être déposée 1 seconde. L’attention portée à cette intention décuple les sensations.
Cette main n’était pas là par hasard, fin témoin d’une affection.
Un monde s’ouvre sous une main.

mardi 1 janvier 2008

La bonne année 2008

Voeux officiels du président Nguyen Minh Triet
que je vous transmet humblement.

Notez le choix subtil du fond rose allié à la police rouge ... Kitsch à souhait de bonne année